La flore intestinale peut-elle être à l’origine de la fatigue ?
Oui, un déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, peut contribuer à une baisse d’énergie et à une fatigue persistante. La fatigue est d’ailleurs l’un des symptômes les plus souvent associés à un microbiote déséquilibré, même si elle n’est pas spécifique à cette cause.
Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?
Le microbiote intestinal, aussi appelé flore intestinale, regroupe les milliards de micro-organismes – bactéries, virus, champignons – qui vivent dans le tube digestif. Loin d’être de simples passagers, ces micro-organismes participent à la digestion, à la synthèse de certaines vitamines, à la maturation du système immunitaire et à la production de molécules qui influencent l’énergie.
Un microbiote diversifié et équilibré est généralement associé à un meilleur état de santé général. À l’inverse, une flore appauvrie ou déséquilibrée peut avoir des répercussions au-delà de l’intestin.
Comment la flore intestinale influence-t-elle l’énergie ?
Plusieurs mécanismes relient la flore intestinale à la production d’énergie et à la sensation de fatigue.
La production de neurotransmetteurs
Une grande partie de la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans l’humeur et le sommeil, est produite dans l’intestin. La flore intestinale participe aussi à la production de précurseurs de la dopamine et du GABA. Un déséquilibre peut donc perturber l’humeur, le sommeil et la sensation de fatigue mentale.
Une inflammation chronique de bas grade
En cas de dysbiose, la paroi intestinale peut devenir plus perméable. Des fragments bactériens peuvent alors passer dans le sang et activer le système immunitaire. Cette inflammation de bas grade est associée à une fatigue persistante et à une baisse d’énergie.
L’absorption des nutriments et la synthèse des vitamines
Les bactéries intestinales aident à digérer les aliments et à synthétiser certaines vitamines, notamment certaines vitamines B, essentielles aux voies de production d’énergie cellulaire. Une flore déséquilibrée peut réduire la disponibilité de ces nutriments.
Les métabolites produits par les bactéries
En fermentant les fibres, les bactéries produisent des acides gras à chaîne courte, comme le butyrate. Ces molécules nourrissent les cellules de l’intestin et peuvent soutenir le fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules.
L’axe intestin-cerveau
L’intestin et le cerveau communiquent en permanence par l’axe intestin-cerveau. Un déséquilibre de la flore peut envoyer des signaux qui augmentent la fatigue, le brouillard cérébral ou les troubles de l’humeur.