En cas de syndrome de l'intestin irritable (SII), il n'existe pas de fréquence ni de consistance de selles « normales » uniques. Ce trouble modifie la fréquence, la consistance et l'urgence des selles, et ces schémas varient selon les sous-types — SII-C, SII-D, SII-M et SII-U. Ils diffèrent fortement d'une personne à l'autre, évoluent souvent dans le temps, et seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic.
Qu'est-ce que les schémas de transit intestinal liés au SII ?
Le SII est un trouble fonctionnel digestif : il ne s'accompagne pas de lésion structurelle visible, mais les symptômes ressentis sont bien réels. Les schémas de transit décrivent la manière dont les selles se présentent et sont évacuées, ainsi que l'inconfort qui les accompagne.
On y regroupe notamment :
- Fréquence des selles
- Consistance des selles
- Urgence ou difficulté à évacuer
- Douleur ou inconfort lié à la défécation
Le SII associe généralement une gêne abdominale récurrente et une modification du transit. Le cadre clinique de référence, les critères de Rome IV, sert de repère général aux professionnels de santé pour situer ces symptômes.
Ces schémas varient fortement d'un individu à l'autre et changent souvent avec le temps, ce qui explique la diversité des expériences rapportées.
Pourquoi surveiller son schéma de transit ?
Décrire précisément ses symptômes facilite le dialogue lors d'une consultation médicale. Observer son schéma aide aussi à repérer les changements par rapport à son habitude de base. Ces observations peuvent soutenir l'identification du sous-type de SII par un professionnel de santé.
Les sous-types du SII et leurs caractéristiques de selles
La distinction entre sous-types constitue le cœur de la compréhension des schémas de transit. On en décrit généralement quatre :
- SII-C (constipation prédominante) : selles dures et grumeleuses, efforts d'évacuation fréquents et sensation d'évacuation incomplète.
- SII-D (diarrhée prédominante) : selles molles ou liquides, besoins soudains et urgents, parfois plusieurs fois par jour.
- SII-M (mixte) : alternance de périodes de constipation et de diarrhée, souvent à parts comparables.
- SII-U (non classifié) : schémas irréguliers qui ne correspondent nettement à aucune des catégories précédentes.
Le sous-type peut changer au fil du temps chez une même personne, ce qui rend le suivi particulièrement utile.
Comprendre la consistance des selles : l'échelle de Bristol
L'échelle de Bristol est un repère descriptif qui classe les selles en sept types, du type 1 (très dur) au type 7 (entièrement liquide). Elle ne constitue pas un outil de diagnostic : elle aide surtout à mieux décrire et communiquer ses observations.
- Types 1 et 2 : selles dures et grumeleuses, évocatrices de constipation
- Types 3 et 4 : selles bien formées, généralement considérées comme idéales
- Type 5 : selles molles aux bords nets
- Types 6 et 7 : selles molles ou liquides, évocatrices de diarrhée
La consistance peut varier d'une selle à l'autre, notamment en cas de SII mixte.
Comment utiliser l'échelle de Bristol au quotidien
Il est plus pertinent d'observer la consistance sur plusieurs jours plutôt qu'à partir d'une seule selle, et de noter les variations plutôt qu'un type isolé. Ces observations peuvent ensuite être partagées avec un professionnel de santé pour enrichir l'évaluation.
À quelle fréquence aller à la selle avec le SII et à quoi ressemblent les selles ?
Il n'existe pas de fréquence « normale » unique. Une large fourchette est observée, allant d'environ trois fois par jour à trois fois par semaine chez de nombreuses personnes. Le SII se caractérise davantage par un changement par rapport à l'habitude de base et par l'inconfort associé que par un chiffre précis.
L'aspect des selles dépend du sous-type : dures et grumeleuses en SII-C, molles ou liquides en SII-D, variable en SII-M. La présence de glaire peut survenir chez certaines personnes, sans être un signe spécifique du SII.
Selles normales ou selles du SII : les différences et ce qui est souvent confondu
Le SII est un diagnostic clinique qui suppose d'écarter d'abord d'autres causes : un professionnel de santé procède à une évaluation et, parfois, à des examens. Plusieurs affections peuvent produire des symptômes proches, d'où l'importance de ne pas s'autodiagnostiquer.
Toutes les variations du transit ne relèvent pas du SII : des changements ponctuels liés à l'alimentation ou au stress sont courants. Les situations souvent confondues avec le SII comprennent notamment :
- Intolérance au lactose ou au fructose
- Maladie cœliaque
- Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI)
- Infections gastro-intestinales
- Prolifération bactérienne intestinale (SIBO)
- Troubles de la thyroïde
Les examens et la démarche diagnostique appartiennent au professionnel de santé ; cette page ne pose aucun diagnostic.
Qu'est-ce qui déclenche le SII ?
Il n'existe pas de déclencheur unique : les facteurs sont multiples et varient selon les personnes. Aucun aliment isolé ne peut être présenté comme la cause unique du SII, car la réponse est individuelle.
Parmi les facteurs souvent associés aux symptômes, on retrouve :
- Certains aliments fermentescibles (FODMAPs)
- Stress et anxiété
- Manque ou mauvaise qualité de sommeil
- Repas riches en graisses ou trop copieux
- Variations hormonales (par exemple au cours du cycle menstruel)
- Certains médicaments
Le stress et l'anxiété peuvent aggraver les symptômes, notamment via l'axe intestin-cerveau. Le sommeil, les variations hormonales et certains médicaments peuvent aussi jouer un rôle.
Le rôle du microbiome intestinal dans le SII
Les recherches suggèrent que la composition du microbiote intestinal peut différer chez certaines personnes atteintes de SII, mais la relation est complexe et varie selon les individus. Il s'agit d'une association, et non d'une relation de cause à effet prouvée.
Un test du microbiome intestinal peut fournir des informations descriptives, mais il ne pose pas le diagnostic du SII et ne remplace pas l'avis médical. Ces informations peuvent compléter un suivi, idéalement discuté avec un professionnel de santé.
Quand consulter un professionnel de santé
Certains signes d'alerte nécessitent un avis médical rapide, car ils peuvent indiquer une autre affection. Le diagnostic du SII repose sur l'évaluation clinique et l'exclusion d'autres causes. En cas de doute ou de symptômes persistants, il est approprié de consulter un professionnel de santé.
Signes d'alerte à prendre au sérieux :
- Sang dans les selles ou selles très foncées
- Perte de poids inexpliquée
- Fièvre ou symptômes qui réveillent la nuit
- Anémie ou fatigue inexpliquée
- Apparition des symptômes après 50 ans
- Antécédents familiaux de cancer colorectal ou de MICI