Séquençage shotgun vs 16S : lequel choisir en 2026 ?
Séquençage shotgun vs 16S : ce choix structure toute étude sur le microbiote, et il est souvent moins bien documenté qu'on l'imagine. Cet article compare les deux méthodes point par point — résolution taxonomique, profilage fonctionnel, coût, quantité d'ADN requise, type d'échantillon et limites respectives — pour vous aider à décider en connaissance de cause. Vous y trouverez un tableau comparatif synthétique, une synthèse des études de comparaison directe publiées, un cadre décisionnel fondé sur des scénarios concrets et des réponses aux questions les plus fréquentes. L'objectif est simple : identifier la méthode adaptée à votre question scientifique et à votre budget, sans parti pris.
Qu'est-ce que le séquençage du gène ARNr 16S ?
Le séquençage du gène ARNr 16S cible un gène présent chez toutes les bactéries et les archées. Ce gène associe des zones conservées, quasi identiques entre lignées proches, et neuf zones hypervariables dont la séquence diffère selon les groupes taxonomiques. Cette approche de séquençage d'amplicons consiste à amplifier puis à lire uniquement cette portion du génome, ce qui suffit à cartographier les taxons dominants d'un échantillon sans séquencer l'ensemble de l'ADN présent.
Régions hypervariables et choix de la région V3-V4
Chaque région hypervariable (V1 à V9) ne reconnaît pas les mêmes groupes, et le choix des amorces introduit un biais dit « d'amorces » : certains taxons sont amplifiés efficacement, d'autres mal, voire pas du tout. Pour le microbiote intestinal, la région V3-V4 est devenue un standard pratique, car elle offre un bon compromis entre spécificité et longueur de lecture sur les plateformes à lectures courtes. Un même échantillon peut ainsi donner des profils sensiblement différents selon la région choisie, ce qui complique les comparaisons entre études.
Du séquençage brut aux tableaux de taxons : le pipeline bioinformatique
Les lectures brutes passent d'abord par un contrôle qualité, puis par un débruitage. Des outils comme DADA2 corrigent les erreurs de séquençage et produisent des variantes de séquences exactes (ASV), tandis que l'environnement QIIME 2 orchestre l'ensemble du pipeline. L'attribution taxonomique s'appuie ensuite sur des bases de référence curated telles que SILVA (par exemple la version 138) ou GTDB. Le résultat final est un tableau d'abondances relatives, souvent au niveau du genre, accompagné de mesures de diversité.
Qu'est-ce que le séquençage métagénomique shotgun ?
Le séquençage métagénomique shotgun adopte une logique opposée : plutôt que d'amplifier un seul gène, il séquence l'ensemble de l'ADN extrait de l'échantillon, après fragmentation aléatoire. Bactéries, archées, une partie des champignons, des virus et de l'ADN de l'hôte se retrouvent ainsi dans les données. Chaque lecture est ensuite rapprochée des génomes de référence pour déterminer quels micro-organismes sont présents, en quelles proportions et avec quels gènes.
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Taxonomie et fonctions : l'étendue des données capturées
Le shotgun fournit simultanément deux niveaux d'information. Sur le plan taxonomique, il atteint généralement l'espèce, voire la souche lorsque la profondeur et les bases de données le permettent. Sur le plan fonctionnel, il documente les gènes réellement présents : voies métaboliques, enzymes dégradant les fibres, gènes de virulence ou de résistance aux antimicrobiens. Cette richesse a un coût : volume de données, stockage et temps de calcul nettement supérieurs à ceux du 16S.
Outils d'analyse du métagénome et assemblage
Côté bioinformatique, deux familles d'outils coexistent. Les classificateurs de lectures comme Kraken2 identifient chaque fragment grâce à ses k-mers, tandis que MetaPhlAn s'appuie sur des marqueurs propres à chaque clade pour estimer les abondances. Pour aller plus loin, l'assemblage de métagénome (MEGAHIT, metaSPAdes) reconstruit des contigs, voire des génomes complets dits MAG. Enfin, des outils comme HUMAnN quantifient les voies métaboliques à partir des gènes réellement observés.
Séquençage shotgun vs 16S : le tableau comparatif complet
Le tableau ci-dessous condense les différences essentielles entre les deux méthodes. Ces ordres de grandeur sont indicatifs : ils varient selon les plateformes, les fournisseurs et les objectifs de l'étude. L'essentiel est de retenir que ni le 16S ni le shotgun n'est « meilleur » dans l'absolu ; chacun répond mieux à certaines questions qu'à d'autres.
- Résolution taxonomique : le 16S plafonne souvent au genre ; le shotgun atteint l'espèce et, avec assez de profondeur, la souche.
- Profilage fonctionnel : fonctions prédites par inférence (PICRUSt2) pour le 16S ; gènes réellement observés pour le shotgun.
- Portée : le 16S ne couvre que bactéries et archées ; le shotgun détecte aussi une partie des virus, champignons et parasites.
- Coût par échantillon : le 16S reste le moins cher ; le shotgun profond coûte souvent deux à cinq fois plus ; le shallow shotgun s'intercale entre les deux.
- ADN requis : le 16S fonctionne à partir de très faibles quantités (ordre du picogramme au nanogramme) ; le shotgun exige typiquement plusieurs nanogrammes d'ADN de bonne qualité.
- Biais d'amorces : inhérent au 16S ; absent du shotgun, qui reste toutefois sensible aux biais d'extraction.
- Ressources de calcul : pipeline léger pour le 16S ; stockage, mémoire et expertise nettement plus exigeants pour le shotgun.
- Sensibilité à l'ADN de l'hôte : surtout problématique pour le shotgun sur la peau ou les tissus ; le 16S amplifie sa cible même en présence d'ADN humain.
En pratique, le 16S excelle pour décrire la composition bactérienne dominante à grande échelle, à budget maîtrisé. Le shotgun s'impose dès que la question exige de la précision : espèces, souches, gènes, voies métaboliques. Entre les deux, le shallow shotgun offre un compromis de plus en plus utilisé dans les grandes cohortes intestinales, où il restitue une taxonomie au niveau de l'espèce pour un coût proche de celui du 16S.
Résolution taxonomique : genre, espèce ou souche ?
Pourquoi le 16S plafonne-t-il souvent au niveau du genre ? D'abord parce que certaines espèces d'un même genre, comme les Streptococcus ou les Enterococcus, partagent un gène ARNr 16S quasi identique : la séquence ne suffit plus à les distinguer. Ensuite parce qu'on ne lit qu'une portion d'environ 450 à 490 paires de bases (région V3-V4) sur les quelque 1 500 que compte le gène complet. Cette résolution limitée est une caractéristique structurelle de la méthode, pas un défaut d'exécution.
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Le rôle des bases de référence est décisif dans les deux approches. Le 16S s'appuie sur des bases d'ARNr comme SILVA, RDP ou GTDB ; le shotgun dépend de génomes complets, encore absents pour de nombreux microbes peu étudiés. Dans les deux cas, un taxon mal représenté dans la base restera non attribué ou sera rattaché prudemment à un niveau supérieur, ce qui complique les comparaisons entre études utilisant des versions différentes.
La résolution au niveau de la souche reste l'atout le plus distinctif du shotgun métagénomique. En cartographiant les variants de séquence, on peut distinguer plusieurs souches d'une même espèce, suivre leur persistance au fil du temps lors d'études longitudinales, ou repérer des gènes portés par certaines souches seulement, comme des toxines. Le 16S, limité à une courte portion d'un gène conservé, est structurellement aveugle à cette dimension.
Profilage fonctionnel : gènes mesurés ou fonctions prédites ?
Le shotgun mesure directement les gènes présents dans l'échantillon, puis les regroupe en voies métaboliques, par exemple avec HUMAnN et les bases KEGG ou MetaCyc. On observe donc ce que le microbiome contient, gène par gène, et l'on peut relier une fonction à l'organisme qui la porte. C'est le principe de la métagénomique fonctionnelle directe, avec ses propres incertitudes, notamment la dépendance aux catalogues de gènes de référence.
Le 16S, lui, ne voit que le gène ARNr : ses fonctions sont prédites par inférence, principalement avec PICRUSt2, qui projette les taxons observés sur des génomes de référence. Pour des fonctions conservées dans des environnements bien caractérisés comme l'intestin, ces prédictions restent raisonnablement fiables. Elles se dégradent nettement dans les environnements peu documentés, pour les gènes portés par des plasmides ou acquis par transfert horizontal, et elles ne permettent jamais de savoir quelle espèce porte réellement la fonction prédite.
Les gènes de résistance aux antimicrobiens illustrent bien cet écart. Seul le shotgun, en lisant l'ensemble des gènes, permet de détecter et de quantifier ces déterminants à l'aide de bases spécialisées comme CARD. Le 16S, cantonné au gène ARNr, ne peut rien en dire, ce qui devient décisif dans les recherches sur l'antibiorésistance ou sur l'effet des antibiotiques sur l'écosystème intestinal.
Coût du séquençage shotgun vs 16S : ce qui fait varier la facture
Le coût par échantillon dépend de plusieurs postes : extraction d'ADN, préparation de la bibliothèque, nombre de lectures achetées et analyse bioinformatique. À titre indicatif, en 2026, un 16S se situe souvent entre quelques dizaines et une centaine d'euros par échantillon, un shotgun profond fréquemment entre 150 et 400 euros, et un shallow shotgun entre les deux. Ces fourchettes varient fortement selon le volume, la région et le prestataire : des devis détaillés restent indispensables avant tout budget.
La profondeur de séquençage est le compromis central entre ces méthodes. Un 16S se contente d'environ 5 000 à 30 000 lectures par échantillon, suffisantes pour caractériser les taxons dominants. Un shotgun profond, avec plusieurs gigabases par échantillon, révèle les taxons peu abondants et autorise une résolution en souches. Séquencer un shotgun sans profondeur suffisante revient à payer pour des données que l'on n'exploitera pas pleinement, d'où l'intérêt des stratégies intermédiaires.
Le shallow shotgun illustre cette voie intermédiaire. Avec environ 0,5 à 2 millions de lectures par échantillon, il restitue une taxonomie fiable au niveau de l'espèce pour le microbiote fécal, pour un coût proche de celui d'un 16S. En revanche, il capture peu les taxons rares et ne fournit qu'un profil fonctionnel limité : c'est un choix de taxonomie à grande échelle, pas d'exploration fonctionnelle approfondie.
Le type d'échantillon change tout : selles, salive, peau, tissus ou sol
La composition d'un échantillon détermine l'efficacité relative des deux méthodes. Les selles, riches en ADN microbien et relativement pauvres en ADN humain, constituent le cas idéal pour les deux approches. À l'inverse, la peau, les biopsies et certaines muqueuses contiennent une majorité d'ADN de l'hôte, parfois plus de 90 % des lectures en shotgun. Le 16S, qui amplifie une cible bactérienne précise, résiste mieux à cette dilution — mais n'y échappe pas entièrement.
Faible biomasse et contamination
Les échantillons à faible biomasse posent un second problème : la contamination. Quand la quantité d'ADN microbien est minuscule, l'ADN présent dans les réactifs, les kits d'extraction ou l'environnement du laboratoire peut représenter une fraction notable des résultats. Ce risque concerne les deux méthodes, mais il devient particulièrement frustrant quand un séquençage coûteux met en évidence… des contaminants. Des témoins négatifs rigoureux sont alors indispensables pour distinguer le signal du bruit.
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Pour les échantillons riches en ADN humain, plusieurs stratégies de déplétion existent : lyse différentielle et centrifugation pour séparer les cellules bactériennes des cellules hôtes, épuisement chimique des cellules de l'hôte avant extraction, ou capture des lectures microbiennes après séquençage. Chaque approche ajoute un coût, une étape et un biais potentiel, car certaines bactéries fragiles peuvent être perdues en route. Le choix doit donc être validé sur votre propre matrice d'échantillons, pas adopté sur la foi d'un protocole générique.
Quelle méthode pour quel échantillon ?
- Selles : les deux méthodes fonctionnent bien ; shotgun privilégié pour l'espèce, les souches ou les fonctions, 16S pour les grandes cohortes.
- Salive : cas intermédiaire ; le shotgun reste possible, mais l'ADN humain impose une déplétion ou une profondeur supplémentaire.
- Peau et biopsies : le 16S est souvent plus efficace ; le shotgun exige une déplétion de l'ADN de l'hôte et un budget accru.
- Sol et sédiments : forte biomasse et diversité immense ; le shotgun convient aux questions fonctionnelles, le 16S aux inventaires larges.
- Études longitudinales : le shotgun permet de suivre des souches ; le 16S suit des genres et des profils globaux.
Les limites des deux méthodes, sans parti pris
Les angles morts du séquençage métagénomique shotgun
Le shotgun dépend entièrement des génomes de référence : un micro-organisme absent des bases ne sera pas identifié, quel que soit le volume séquencé. Des faux positifs existent aussi : des lectures issues de régions conservées ou de lignées très proches peuvent être rattachées à tort à une espèce donnée. Enfin, le coût de calcul est réel — stockage, mémoire et heures de calcul dépassent largement un simple pipeline 16S.
Les environnements peu étudiés concentrent ces limites. Dans le sol, l'océan profond ou certains microbiotes non occidentaux, une grande partie de la diversité reste inconnue des bases de référence, et la proportion de lectures non attribuées peut devenir élevée. Cela ne rend pas le shotgun inutile dans ces contextes, mais l'interprétation doit explicitement intégrer cette part d'inconnu, au lieu de présenter le tableau taxonomique comme exhaustif.
Les biais et plafonds du séquençage 16S
Le premier biais est celui des amorces : certains phyla s'amplifient mal, d'autres pas du tout, si bien que le profil observé reflète à la fois l'échantillon et les amorces utilisées. S'y ajoutent le nombre variable de copies du gène ARNr selon les espèces, qui fausse les abondances relatives, et une couverture partielle du gène, qui plafonne la résolution taxonomique. La détection des taxons peu abondants atteint elle aussi un plafond, faute de profondeur suffisante.
Enfin, le 16S ne voit ni les champignons ni les virus. Les champignons exigent le séquençage de l'ITS, un marqueur distinct avec ses propres amorces et bases de données ; les virus, dépourvus de gène ARNr universel, échappent au 16S par construction. Le shotgun couvre partiellement ces règnes — virus à ADN et champignons bien référencés — mais aucun séquençage d'ADN ne capture tout : les virus à ARN ou les cellules insuffisamment lysées restent hors de portée.
Études comparatives et cadre décisionnel : quelle méthode choisir ?
Les comparaisons directes sur le microbiote intestinal convergent : au niveau du genre, les profils obtenus par 16S et par shotgun sont largement concordants pour les taxons dominants. Le shotgun révèle en revanche davantage d'espèces, une meilleure séparation entre profils proches et, bien sûr, l'information fonctionnelle. Pour les taxons peu abondants, les écarts s'expliquent en partie par des raisons méthodologiques plutôt que biologiques.
La prudence s'impose aussi avec les indices de diversité. L'alpha-diversité calculée sur des ASV en 16S n'est pas directement comparable à une richesse en espèces issue d'un shotgun, et la raréfaction ne compense pas toutes les différences de profondeur ou de pipeline ; la diversité bêta perçue dépend elle aussi des outils. Avant d'interpréter un écart entre deux études, demandez-vous s'il reflète les échantillons eux-mêmes ou les méthodes employées pour les analyser.
La matrice de décision
Un choix rationnel se résume à quatre questions. Quel est votre budget par échantillon, et combien d'échantillons comptez-vous analyser ? Quelle résolution vous faut-il : profil global, espèces ou souches ? Avez-vous besoin de données fonctionnelles mesurées ou d'un simple inventaire taxonomique ? Enfin, quel type d'échantillon, avec sa biomasse et sa charge en ADN humain ? Ces réponses éliminent généralement d'emblée une des deux options.
Scénarios types
- Grande cohorte fécale, budget contraint : 16S, ou shallow shotgun si la résolution en espèces est prioritaire.
- Suivi longitudinal de souches : shotgun profond, seul capable de distinguer et de suivre les souches dans le temps.
- Peau, biopsies, tissus : 16S en première intention ; shotgun uniquement avec déplétion de l'ADN de l'hôte.
- Sol ou environnement complexe : shotgun pour les fonctions et l'assemblage, 16S pour les inventaires taxonomiques étendus.
- Projet pilote clinique : approche par paliers, 16S sur tous les échantillons puis shotgun sur les profils contrastés.
Approches hybrides et séquençage par paliers
Le design hybride consiste à séquencer tous les échantillons en 16S, puis à appliquer un shotgun profond à un sous-ensemble choisi, par exemple les profils les plus contrastés. Cette stratégie par paliers maximise la valeur scientifique d'un budget donné : couverture complète pour la taxonomie, profondeur ciblée pour les fonctions et les souches. Elle suppose toutefois de conserver l'ADN de tous les échantillons et d'anticiper les analyses dès la conception de l'étude.
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Comprendre son propre microbiote : de la méthode à l'interprétation
Il n'existe pas de microbiote « idéal » universel. La composition varie avec l'alimentation, l'âge, la zone géographique, la génétique et l'histoire médicale, et deux personnes en bonne santé peuvent présenter des profils très différents. Les études associant certains profils à des états de santé restent pour l'essentiel observationnelles : elles décrivent des corrélations, pas des relations de cause à effet, et leurs résultats doivent être lus avec cette réserve.
Les symptômes digestifs, eux, ne permettent pas de deviner un « déséquilibre » du microbiote. Ballonnements, inconfort ou transit irrégulier sont des signes non spécifiques, qui peuvent avoir des causes alimentaires, médicamenteuses, psychologiques, métaboliques ou médicales très différentes d'une personne à l'autre. Deux individus aux plaintes identiques peuvent présenter des mécanismes sous-jacents distincts ; c'est pourquoi les listes de symptômes génériques aboutissent souvent à des conclusions hâtives, et pourquoi un avis médical demeure indispensable face à des symptômes persistants ou inquiétants.
Dans ce contexte, une analyse du microbiote apporte un éclairage descriptif, pas un diagnostic. Selon la méthode employée, elle peut montrer la composition microbienne, les abondances relatives de taxons sélectionnés, des mesures de diversité et, pour certains tests, des voies fonctionnelles potentielles ou des motifs liés à la nutrition. C'est néanmoins un instantané d'un échantillon de selles : les résultats varient avec l'alimentation, les médicaments récents, l'état de santé et la conservation de l'échantillon, et chaque laboratoire utilise ses propres méthodes et plages de référence.
Pour les personnes qui souhaitent situer leurs habitudes dans ce tableau, un test du microbiome peut fournir une photographie descriptive de leur microbiote intestinal, à condition d'être accompagné d'une interprétation qui explicite les limites méthodologiques. Les résultats s'éclairent aussi dans la durée : comparer deux échantillons espacés de plusieurs mois, dans des conditions comparables, est souvent plus informatif qu'une mesure isolée.
Sur le plan pratique, les leviers les mieux étayés restent simples : augmenter progressivement la diversité des aliments végétaux et l'apport en fibres, sans précipitation chez les personnes sensibles ; maintenir une activité physique régulière et un sommeil suffisant ; réserver les antibiotiques aux situations où ils sont médicalement nécessaires. Ces mesures agissent sur l'environnement général du microbiote, quelle que soit la méthode employée pour le mesurer.
Pour celles et ceux qui préfèrent des mesures concrètes aux généralités, une analyse du microbiote intestinal peut constituer un point de départ éducatif, à replacer ensuite dans un contexte médical. Elle ne remplace ni un examen clinique ni un bilan prescrit par un médecin, mais elle fournit des éléments concrets pour une discussion informée avec un professionnel de santé.
Points clés à retenir
- Le séquençage shotgun vs 16S n'est pas un duel : tout dépend de la résolution recherchée, du besoin de données fonctionnelles, du budget et du type d'échantillon.
- Le 16S plafonne souvent au niveau du genre et prédit les fonctions ; le shotgun atteint l'espèce, la souche et les gènes réellement présents.
- Le shallow shotgun constitue un compromis : taxonomie en espèces pour un coût proche du 16S, sans exploration fonctionnelle profonde.
- Les échantillons riches en ADN de l'hôte, comme la peau ou les biopsies, favorisent le 16S ou exigent une déplétion préalable.
- Les deux méthodes dépendent des bases de référence : un micro-organisme absent des bases reste invisible, quelle que soit la profondeur de séquençage.
- Les indices de diversité ne sont pas interchangeables entre méthodes : comparer des résultats 16S et shotgun demande une grande prudence méthodologique.
- Il n'existe pas de microbiote idéal universel : les analyses décrivent un instantané et ne constituent ni un diagnostic ni un avis médical.
FAQ : questions fréquentes sur le séquençage shotgun et le 16S
Quels sont les inconvénients du séquençage shotgun ?
Ses principaux inconvénients sont le coût, la dépendance aux bases de génomes de référence et des besoins en calcul élevés. Il est aussi sensible à l'ADN de l'hôte et aux contaminations dans les échantillons à faible biomasse. Enfin, une partie des lectures peut rester non attribuée, surtout dans les environnements peu étudiés.
Le séquençage shotgun est-il encore utilisé aujourd'hui ?
Oui : il est devenu la référence pour décrire précisément le microbiome. Le 16S reste très employé pour les grandes cohortes et les budgets contraints, mais la baisse du coût du séquençage rend le shotgun de plus en plus accessible, notamment dans sa version shallow pour les échantillons fécaux.
Quelles sont les limites du séquençage 16S ?
Ses limites majeures sont le biais d'amorces, une couverture partielle du gène et une résolution souvent limitée au genre. Il ne détecte ni les champignons ni les virus, et ses fonctions ne sont que prédites, par exemple avec PICRUSt2. Les taxons peu abondants peuvent enfin passer inaperçus faute de profondeur suffisante.
Quels sont les avantages du séquençage 16S ?
Le 16S est économique, éprouvé et adapté aux échantillons à faible biomasse ou riches en ADN humain, puisqu'il amplifie une cible bactérienne précise. Ses pipelines sont bien standardisés et peu gourmands en ressources. Pour décrire la composition bactérienne dominante de nombreux échantillons, il demeure un choix solide et reproductible.
Auto-évaluation en 2 minutes Un test du microbiome intestinal est-il utile pour vous ? Répondez à quelques questions rapides et découvrez si un test du microbiome est réellement utile pour vous. ✔ Prend seulement 2 minutes ✔ Basé sur vos symptômes et votre mode de vie ✔ Recommandation claire oui/non Vérifier si un test me convient →Le shotgun métagénomique vaut-il son coût supplémentaire par rapport au 16S ?
Cela dépend de la question posée. Pour une description de la composition dominante à grande échelle, le surcoût est rarement justifié. Pour des besoins en espèces, en souches, en gènes de résistance ou en voies métaboliques, le shotgun apporte une information que le 16S ne peut pas fournir, quel que soit son prix.
Le séquençage 16S identifie-t-il les espèces ou seulement les genres ?
Dans la plupart des études, il plafonne au niveau du genre : la portion lue ne suffit généralement pas à distinguer des espèces proches. Certaines espèces peuvent être résolues lorsque leur gène ARNr est suffisamment distinct, mais ce n'est pas garanti. Pour une identification systématique au niveau de l'espèce, le shotgun est préférable.
Quelle méthode privilégier pour les échantillons riches en ADN humain, comme la peau ou les tissus ?
Le 16S est généralement plus efficace sur ce type d'échantillon, car l'amplification ciblée résiste mieux à la présence d'ADN humain. Le shotgun reste possible, mais il exige alors une déplétion de l'ADN de l'hôte et une profondeur accrue, ce qui alourdit le budget. Dans tous les cas, des témoins négatifs sont indispensables pour détecter les contaminations.
Qu'est-ce que le shallow shotgun et quand l'utiliser ?
Le shallow shotgun est un séquençage métagénomique à faible profondeur, typiquement 0,5 à 2 millions de lectures par échantillon. Pour le microbiote fécal, il fournit une taxonomie fiable au niveau de l'espèce pour un coût proche de celui du 16S. Il convient aux grandes cohortes, mais pas à l'exploration fonctionnelle approfondie ni à la résolution en souches.
Peut-on comparer directement des résultats obtenus par 16S et par shotgun ?
Avec prudence seulement. Au niveau du genre, les deux méthodes concordent souvent pour les taxons dominants, mais leurs mesures de diversité et leurs listes d'espèces ne sont pas interchangeables. Pour suivre une évolution dans le temps, conservez la même méthode et le même pipeline bioinformatique du début à la fin de l'étude.
Le choix de la méthode change-t-il ce qu'une analyse de microbiote peut révéler ?
Oui, indirectement. Un profil de type 16S décrit surtout les genres bactériens dominants, tandis qu'un profil shotgun peut préciser les espèces et, selon l'analyse, des voies fonctionnelles potentielles. Dans tous les cas, il s'agit d'un instantané descriptif qui demande une interprétation prudente et ne remplace pas une évaluation médicale.
Conclusion : bien choisir entre séquençage shotgun et 16S
Entre le séquençage shotgun et le 16S, il n'y a pas de gagnant absolu, seulement des correspondances plus ou moins bonnes entre une méthode et une question de recherche. Le 16S demeure le choix pragmatique pour cartographier la composition bactérienne dominante à budget maîtrisé ; le shotgun s'impose lorsque la précision compte : espèces, souches, gènes et voies métaboliques. Le shallow shotgun occupe utilement l'espace entre les deux, et le type d'échantillon comme la profondeur de séquençage pèsent souvent autant que la technologie elle-même.
Si vous explorez votre propre microbiote, gardez la même prudence. Chaque microbiome est singulier, il n'existe pas de profil de référence universel, et les analyses décrivent un instantané influencé par l'alimentation, les médicaments et la méthode employée. Un test du microbiome peut apporter un éclairage descriptif utile, mais il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un suivi médical. Face à des symptômes persistants, inhabituels ou préoccupants, la première étape reste la consultation d'un professionnel de santé.
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