Tests du syndrome de l’intestin irritable : quels examens ?
Il n’existe pas de test unique qui confirme le syndrome de l’intestin irritable, aussi appelé syndrome du côlon irritable. Le diagnostic repose surtout sur les symptômes, l’examen clinique et, si nécessaire, quelques examens destinés à écarter d’autres maladies. Le médecin choisit les tests selon votre âge, la durée des troubles, leur intensité et la présence éventuelle de signes d’alerte.
Comment le syndrome de l’intestin irritable est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable se fait généralement en plusieurs étapes. Le médecin commence par vous interroger sur les douleurs abdominales, les selles, les ballonnements, l’alimentation, les antécédents et les traitements. Il réalise ensuite un examen clinique et détermine si des examens complémentaires sont utiles.
Les critères de Rome IV servent de repère. Ils prennent notamment en compte des douleurs abdominales récurrentes, présentes en moyenne au moins un jour par semaine au cours des trois derniers mois, associées à au moins deux éléments parmi les suivants :
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- un lien avec la défécation ;
- une modification de la fréquence des selles ;
- une modification de leur aspect ou de leur consistance.
Les symptômes doivent généralement avoir commencé au moins six mois auparavant. Ces critères orientent le diagnostic, mais leur interprétation relève d’un professionnel de santé.
Quels tests sont réalisés en première intention ?
Le bilan sanguin
Un bilan sanguin n’est pas identique pour tout le monde. Selon les symptômes, il peut comprendre :
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- une numération formule sanguine, pour rechercher notamment une anémie ;
- la CRP, parfois complétée par d’autres marqueurs, pour rechercher un contexte inflammatoire ;
- le fer et la ferritine, en cas de suspicion de carence ou d’anémie ;
- la TSH, dans certaines situations où un trouble thyroïdien pourrait contribuer à modifier le transit.
Des résultats normaux ne suffisent pas à eux seuls à poser un diagnostic, mais ils peuvent contribuer à écarter certaines causes.
Le dépistage de la maladie cœliaque
Une prise de sang recherchant notamment des anticorps spécifiques de la maladie cœliaque peut être proposée en cas de diarrhée, de ballonnements ou de troubles digestifs persistants. Cette maladie peut présenter des symptômes proches de ceux du syndrome de l’intestin irritable. Ne modifiez pas votre consommation de gluten avant cet examen sans en parler à votre médecin, car cela peut influencer les résultats.
Les analyses de selles
La calprotectine fécale
La calprotectine fécale est une analyse réalisée sur un échantillon de selles. Elle peut aider à rechercher une inflammation intestinale et à orienter la distinction entre un syndrome de l’intestin irritable et certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.
Une valeur élevée ne permet pas de poser seule un diagnostic et peut avoir plusieurs causes. Le résultat doit être interprété avec les symptômes et les autres examens par un professionnel de santé.
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Une coproculture ou une recherche de parasites peut être envisagée en cas de diarrhée récente, de fièvre, de retour de voyage, d’exposition particulière ou de suspicion d’infection. Ces examens ne sont pas systématiques dans un tableau ancien et typique du syndrome de l’intestin irritable.
Les examens spécialisés sont-ils toujours nécessaires ?
Non. Les examens complémentaires sont choisis en fonction du contexte et des premiers résultats. Ils ne sont pas automatiquement nécessaires lorsque les symptômes sont compatibles avec un syndrome de l’intestin irritable et qu’aucun signe d’alerte n’est présent.
Les tests respiratoires
Un test respiratoire à l’hydrogène ou au méthane peut parfois être proposé pour explorer une malabsorption de certains sucres, comme le lactose, ou une suspicion de prolifération bactérienne de l’intestin grêle. Leur indication et l’interprétation des résultats doivent être discutées avec un médecin, car ils ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer un syndrome de l’intestin irritable.
La coloscopie
La coloscopie n’est pas un examen systématique du syndrome de l’intestin irritable. Elle peut être recommandée en présence de signes d’alerte, d’antécédents personnels ou familiaux particuliers, selon l’âge et les recommandations de dépistage, ou lorsque le diagnostic reste incertain.
Elle permet d’examiner le côlon et, si nécessaire, de réaliser des prélèvements. Une coloscopie normale ne signifie pas que les symptômes ne sont pas réels : elle peut simplement aider à exclure certaines maladies.
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L’imagerie abdominale
Une échographie, un scanner ou un autre examen d’imagerie peut être demandé si les douleurs sont atypiques, intenses, localisées ou associées à des éléments qui évoquent une autre cause. Le choix dépend de l’examen clinique et de la situation individuelle.
Quels sont les signes qui justifient un bilan plus approfondi ?
Consultez rapidement un professionnel de santé si vous présentez notamment :
- du sang dans les selles ou des saignements rectaux ;
- une perte de poids involontaire ;
- de la fièvre persistante ;
- des douleurs importantes, inhabituelles ou qui s’aggravent ;
- une diarrhée nocturne ou persistante ;
- une anémie connue ;
- des antécédents familiaux de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire chronique de l’intestin ;
- des symptômes nouveaux apparaissant à un âge où un bilan spécifique est recommandé.
Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’une maladie grave est présente, mais ils justifient une évaluation médicale adaptée.
Faut-il obligatoirement faire un bilan complet pour un SII ?
Non, un bilan complet n’est pas obligatoire dans tous les cas. Le médecin peut parfois retenir un syndrome de l’intestin irritable à partir d’un tableau typique, d’un examen clinique et d’un nombre limité d’analyses. Un bilan plus large, une coloscopie ou une imagerie peuvent toutefois être nécessaires selon les symptômes, les antécédents, l’âge et les signes d’alerte.
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Quelle est la différence entre le SII et une MICI ?
Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble fonctionnel associé à des douleurs abdominales et à des changements du transit, sans lésion inflammatoire caractéristique visible. Les MICI, comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sont des maladies inflammatoires pouvant entraîner des lésions intestinales. La calprotectine fécale, la CRP, l’endoscopie et d’autres examens peuvent aider le médecin à les différencier, sans remplacer son évaluation.
Le test du microbiote permet-il de diagnostiquer le SII ?
Les analyses commerciales du microbiote intestinal ne font pas partie du diagnostic standard du syndrome de l’intestin irritable. Elles peuvent décrire certains microorganismes présents dans un échantillon de selles, mais leur résultat ne permet pas, à lui seul, de confirmer ou d’exclure un SII ni de déterminer un traitement personnalisé. Demandez conseil à un professionnel avant d’interpréter ce type de test ou de modifier votre alimentation et vos compléments.
À retenir
Les tests du syndrome de l’intestin irritable servent principalement à écarter d’autres causes et à vérifier que les symptômes correspondent au tableau clinique. Le bilan peut inclure une prise de sang, une sérologie de la maladie cœliaque et une analyse de selles, notamment la calprotectine fécale. La coloscopie et l’imagerie sont réservées à certaines situations. En cas de symptômes persistants, sévères ou préoccupants, prenez rendez-vous avec votre médecin plutôt que de vous auto-diagnostiquer.