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Quelle est la plus ancienne recette écrite de l’histoire ?

La plus ancienne recette écrite de l'histoire est une recette sumérienne de bière, datant d'environ 1800 avant J.-C. Cet article explore les anciennes tablettes d'argile qui renferment cette recette, explique ses ingrédients et sa méthode de préparation, et aborde sa signification dans le contexte des débuts de l'histoire culinaire et du développement de l'écriture.
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La plus ancienne recette écrite connue à ce jour provient de l’ancienne Mésopotamie. Il s’agit d’un texte gravé sur une tablette d’argile il y a près de 4 000 ans, qui décrit la fabrication de la bière. Cette découverte soulève des questions fascinantes sur l’origine de l’écriture culinaire, la vie quotidienne des civilisations anciennes et la transmission des savoir-faire. Dans cet article, nous explorerons ce que dit exactement cette recette, pourquoi elle est considérée comme la plus ancienne, quels autres textes rivalisent pour ce titre, et comment les historiens parviennent à interpréter ces vestiges. Nous verrons également comment les chercheurs tentent de recréer cette bière antique et ce que cela nous apprend sur l’histoire de l’alimentation.

Quelle est la plus ancienne recette écrite de l’histoire ?

La réponse courte : une recette de bière sumérienne

La réponse la plus couramment admise est celle d’une recette de bière sumérienne, souvent appelée « Hymne à Ninkasi ». Ce texte, rédigé en écriture cunéiforme sur une tablette d’argile, date d’environ 1800 avant notre ère. Il ne s’agit pas d’un livre de cuisine au sens moderne, mais d’un poème religieux qui décrit en détail le processus de brassage. La déesse Ninkasi était associée à la bière, et l’hymne servait à la fois de chant liturgique et de aide-mémoire pour les brasseurs.

Ce document est considéré comme la plus ancienne recette écrite car il combine des ingrédients et une méthode de fabrication. D’autres textes plus anciens mentionnent des aliments, mais ils ne décrivent pas la préparation. La distinction entre une simple liste et une véritable recette est cruciale pour les historiens. L’Hymne à Ninkasi fournit suffisamment de détails pour que des chercheurs modernes aient pu tenter de reproduire la boisson.

Un texte gravé sur une tablette d’argile vieille de près de 4 000 ans

La tablette la plus complète de l’Hymne à Ninkasi est conservée à la Yale Babylonian Collection, aux États-Unis. Elle mesure environ 15 centimètres de haut et contient 108 lignes de texte cunéiforme. Les archéologues l’ont découverte lors de fouilles dans l’ancienne ville de Sippar, dans l’actuel Irak. Sa datation repose sur des analyses stylistiques et sur le contexte archéologique du site.

L’argile, matériau durable, a permis la conservation exceptionnelle de ce texte. Les scribes sumériens utilisaient des roseaux taillés pour imprimer des signes en forme de coins. Chaque tablette était ensuite séchée au soleil ou cuite. La fragilité apparente des tablettes contraste avec leur longévité lorsque les conditions de conservation sont favorables. C’est pourquoi des milliers de textes cunéiformes nous sont parvenus.

Que dit exactement cette recette sumérienne ?

Les ingrédients : du pain, de l’eau et des herbes aromatiques

L’Hymne à Ninkasi mentionne plusieurs ingrédients essentiels : du pain d’orge, de l’eau, des dattes et des herbes aromatiques. Le pain n’était pas consommé tel quel ; il servait de base fermentescible. Les Sumériens préparaient un pain spécial, parfois cuit deux fois, qu’ils émiettaient dans l’eau. Les dattes apportaient des sucres supplémentaires et contribuaient à la fermentation. Des épices ou des plantes aromatiques étaient ajoutées pour relever le goût.


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Ces ingrédients reflètent l’agriculture mésopotamienne : l’orge était la céréale dominante, tandis que les palmiers-dattiers fournissaient des fruits sucrés. L’eau provenait des fleuves Tigre et Euphrate ou de canaux d’irrigation. La bière n’était donc pas seulement une boisson ; elle représentait un produit de la terre et du travail agricole. Sa fabrication était intégrée aux cycles de récolte et aux rituels communautaires.

Le procédé de brassage décrit pas à pas

Le texte décrit plusieurs étapes : le trempage du pain dans l’eau, l’ajout de dattes, puis la fermentation dans de grands récipients en argile. Le brassage sumérien ne utilisait pas de houblon, inconnu à l’époque. La fermentation se faisait probablement à l’aide de levures sauvages présentes dans l’air ou sur les fruits. Le produit final était une boisson trouble, relativement épaisse, qui devait être consommée rapidement.

Les archéologues ont retrouvé des jarres de fermentation lors de fouilles. Ces récipients comportaient parfois des ouvertures pour laisser échapper le gaz. La bière sumérienne était souvent filtrée à l’aide de roseaux ou de paniers tressés. Elle pouvait être aromatisée avec des plantes locales. Le texte ne donne pas de quantités précises, ce qui complique la reproduction exacte.

L’Hymne à Ninkasi : entre chant religieux et manuel de brassage

L’Hymne à Ninkasi est structuré comme un poème louant la déesse de la bière. Chaque strophe décrit une étape du brassage, ce qui a conduit certains chercheurs à y voir un manuel technique déguisé en texte religieux. Les brasseurs pouvaient mémoriser les paroles et les gestes associés. La transmission orale précédait sans doute la mise par écrit, mais la tablette fixe une version standardisée.

Ce double caractère, à la fois liturgique et pratique, illustre la porosité entre sacré et quotidien dans la Mésopotamie antique. La bière était offerte aux dieux lors de libations. Les prêtresses et prêtres participaient à sa fabrication. Ninkasi personnifiait non seulement la boisson, mais aussi le savoir-faire technique nécessaire à sa production. L’hymne célèbre donc autant la divinité que l’art du brasseur.

Pourquoi cette recette est-elle historiquement majeure ?

La bière au cœur de la société mésopotamienne

Dans l’ancienne Mésopotamie, la bière était une boisson quotidienne, consommée par toutes les classes sociales. Elle servait de salaire pour certains ouvriers et faisait partie des rations alimentaires distribuées par les temples. Les Sumériens la buvaient à l’aide de longs roseaux, afin d’éviter les impuretés flottant à la surface. La bière était également utilisée lors de fêtes et de cérémonies religieuses.


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Sa production nécessitait une organisation collective : culture de l’orge, brassage, stockage et distribution. Les temples jouaient un rôle central dans cette économie. La bière sumérienne n’était pas seulement une boisson alcoolisée ; c’était un aliment de base, une source de calories et un vecteur de lien social. Sa présence dans les textes montre son importance culturelle.

Un témoignage de la vie quotidienne et des pratiques religieuses

L’Hymne à Ninkasi nous renseigne sur les techniques artisanales de l’époque, mais aussi sur la spiritualité des Sumériens. La fabrication de la bière était encadrée par des rituels. Les brasseurs devaient respecter des règles précises, peut-être pour garantir la qualité ou pour honorer la déesse. Le texte mentionne des offrandes et des chants.

Les historiens y voient un rare aperçu du quotidien des gens ordinaires, souvent absents des récits royaux. La bière était produite à grande échelle par des spécialistes, mais aussi à domicile. Des femmes y jouaient un rôle important, notamment dans les brasseries domestiques. Le texte reflète donc une société où l’alimentation et la religion étaient étroitement mêlées.

L’écriture cunéiforme au service de la transmission culinaire

L’écriture cunéiforme, inventée vers 3200 avant notre ère, a d’abord servi à la comptabilité. Mais elle s’est rapidement diversifiée pour inclure des textes littéraires, religieux et techniques. L’Hymne à Ninkasi montre que l’écriture pouvait transmettre un savoir-faire complexe. Les scribes ont adapté les signes pour décrire des actions et des objets.

La transmission écrite d’une recette est un phénomène rare dans l’Antiquité. La plupart des connaissances culinaires se transmettaient oralement. Fixer une recette sur argile implique une volonté de conservation. Cela suggère que la bière sumérienne avait une valeur suffisante pour justifier un tel effort. L’écriture devient ainsi un outil de mémoire collective.

Quels sont les autres candidats au titre de plus ancienne recette ?

Les ragoûts akkadiens : des recettes contemporaines mais moins complètes

Un peu plus tard, vers 1700 avant notre ère, des tablettes akkadiennes décrivent des ragoûts de viande et de légumes. Ces textes, découverts à Sippar et aujourd’hui conservés à Yale, sont souvent présentés comme les plus anciennes recettes de cuisine au sens moderne. Ils comportent une liste d’ingrédients et parfois une méthode succincte. Cependant, ils pourraient être légèrement postérieurs à l’Hymne à Ninkasi.

La différence principale réside dans la forme : l’Hymne est un poème, tandis que les ragoûts akkadiens sont des textes pragmatiques. La recette de bière est plus détaillée sur le processus de fermentation. Les ragoûts akkadiens précisent davantage les proportions, mais restent elliptiques sur les techniques. Le titre de « plus ancienne recette » dépend donc des critères retenus.

Les scènes de panification de l’Égypte ancienne : des représentations plutôt que des recettes

L’Égypte ancienne nous a laissé de nombreuses peintures murales montrant la fabrication du pain et de la bière. Certaines tombes de la vallée du Nil contiennent des scènes détaillées de pétrissage, de cuisson et de brassage. Ces images sont antérieures à l’Hymne à Ninkasi, mais elles ne constituent pas des recettes écrites. Ce sont des représentations visuelles, souvent symboliques, destinées à accompagner le défunt dans l’au-delà.

Les Égyptiens ont également produit des textes médicaux et magiques mentionnant des aliments, mais pas de recettes culinaires complètes. La frontière entre représentation iconographique et recette écrite est importante. Une scène de panification ne donne pas les quantités ni l’ordre des opérations. Elle ne peut donc pas être qualifiée de recette écrite.

Recette, liste d’ingrédients ou procédé : quels critères pour définir une recette ?

Pour qu’un texte soit considéré comme une recette, il doit idéalement combiner trois éléments : une liste d’ingrédients, des proportions ou des quantités, et une méthode de préparation. L’Hymne à Ninkasi fournit les ingrédients et la méthode, mais pas les quantités précises. Les ragoûts akkadiens donnent parfois des proportions, mais restent vagues sur la cuisson. Les listes de courses de l’Antiquité, en revanche, ne sont pas des recettes.

Les historiens de l’alimentation débattent de ces critères. Certains privilégient l’intention pratique : un texte destiné à guider la fabrication. D’autres insistent sur la présence d’une méthode explicite. L’Hymne à Ninkasi, malgré sa forme poétique, a manifestement une fonction mnémonique pour les brasseurs. C’est pourquoi il est souvent cité comme la plus ancienne recette écrite.

Comment les historiens datent-ils une tablette d’argile ?

Les méthodes de datation et l’analyse stylistique des textes

La datation des tablettes cunéiformes repose sur plusieurs approches complémentaires. L’analyse du style d’écriture, ou paléographie, permet de situer un texte dans une période donnée. Les signes cunéiformes ont évolué au fil des siècles, et leur forme aide les spécialistes à estimer l’époque. Le contexte archéologique, c’est-à-dire la couche de sol où la tablette a été trouvée, fournit également des indices.

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Dans certains cas, des colophons ou des mentions de rois permettent une datation précise. Pour l’Hymne à Ninkasi, les chercheurs s’appuient sur des comparaisons avec d’autres textes de la même période. La datation au carbone 14 est rarement utilisée pour les tablettes car l’argile ne contient pas assez de matière organique. La datation reste donc indirecte et soumise à discussion.

Le rôle de la Yale Babylonian Collection et des collections muséales

La Yale Babylonian Collection abrite l’une des plus importantes collections de tablettes cunéiformes au monde. Elle conserve la tablette de l’Hymne à Ninkasi, mais aussi de nombreux textes administratifs, littéraires et scientifiques. Les chercheurs peuvent y accéder pour étudier les originaux. Des reproductions numériques sont parfois disponibles en ligne, ce qui facilite la recherche internationale.

Les musées jouent un rôle crucial dans la conservation et l’étude de ces artefacts. Ils permettent aux spécialistes de comparer les textes et de croiser les informations. La provenance des tablettes, lorsqu’elle est connue, ajoute une valeur considérable. Malheureusement, de nombreuses tablettes ont été acquises sur le marché antiquaire sans contexte archéologique, ce qui complique leur datation.

La traduction de la recette : un travail d’expertise

Miguel Civil et le déchiffrement de l’Hymne à Ninkasi

Le philologue Miguel Civil, spécialiste de la langue sumérienne, a joué un rôle majeur dans la traduction de l’Hymne à Ninkasi. Ses travaux ont permis de clarifier de nombreux passages obscurs. Il a notamment identifié des termes techniques liés au brassage. Ses traductions restent une référence pour les chercheurs contemporains.

La traduction du sumérien est un exercice délicat car cette langue n’a pas de locuteurs natifs et sa grammaire est complexe. Certains mots ont plusieurs sens possibles. Les traducteurs doivent s’appuyer sur le contexte et sur des textes parallèles. Miguel Civil a proposé des interprétations qui ont été largement acceptées, mais des incertitudes subsistent.

Les limites de la traduction des termes alimentaires anciens

De nombreux termes sumériens liés à l’alimentation n’ont pas d’équivalent exact en français. Par exemple, le mot pour « pain » peut désigner différentes préparations selon le contexte. Les herbes aromatiques mentionnées ne sont pas toujours identifiables avec certitude. Les traducteurs utilisent parfois des approximations, ce qui introduit une marge d’erreur.

Les unités de mesure antiques, comme le sila ou le qa, ne correspondent pas à nos unités modernes. Les quantités sont donc difficiles à reconstituer. Les spécialistes doivent faire des hypothèses basées sur des textes comptables ou des expérimentations. Ces incertitudes expliquent pourquoi les reconstitutions modernes de la bière sumérienne varient autant.

Ce que les spécialistes ignorent encore

Malgré des décennies de recherche, plusieurs aspects de la recette restent mystérieux. La nature exacte des levures utilisées n’est pas connue. Les proportions d’orge, d’eau et de dattes ne sont pas précisées. La durée de fermentation et la température ne sont pas mentionnées. Les archéologues ont trouvé des jarres, mais ils ne peuvent pas déterminer avec certitude comment elles étaient utilisées.

Les chercheurs ignorent également si la bière sumérienne était filtrée avant consommation. Des résidus retrouvés dans des récipients suggèrent une boisson épaisse. Le goût exact reste spéculatif. Les reconstitutions modernes donnent des indices, mais elles ne peuvent pas garantir une fidélité parfaite. L’Hymne à Ninkasi est donc une source précieuse mais incomplète.

La plus ancienne recette de soupe connue existe-t-elle ?

Il n’existe pas de recette de soupe clairement identifiée comme antérieure à l’Hymne à Ninkasi. Les textes culinaires du Proche-Orient ancien mentionnent des bouillons et des ragoûts, mais ils sont généralement postérieurs. Les ragoûts akkadiens, par exemple, datent d’environ 1700 avant notre ère. Ils décrivent des plats mijotés à base de viande et de légumes, mais pas de soupe au sens strict.

Les Égyptiens préparaient probablement des soupes, mais aucune recette écrite ne nous est parvenue. Les sources iconographiques montrent des cuissons dans des jarres, mais sans détail sur les ingrédients. La soupe, aliment liquide et périssable, ne se prêtait peut-être pas à la mise par écrit. La question reste donc ouverte, et la plus ancienne recette de soupe connue pourrait bien être plus récente que celle de la bière.


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Peut-on recréer cette bière sumérienne aujourd’hui ?

Les tentatives de reconstitution par les archéologues et les brasseurs

Plusieurs équipes ont tenté de reproduire la bière sumérienne à partir de l’Hymne à Ninkasi. Des brasseurs artisanaux, en collaboration avec des archéologues, ont expérimenté différentes méthodes. Ils ont utilisé de l’orge, des dattes et des épices, en s’inspirant des descriptions du texte. Certaines reconstitutions ont été présentées lors d’expositions ou de festivals.

Ces expériences sont instructives mais restent spéculatives. Les levures sauvages modernes diffèrent probablement de celles de l’Antiquité. Les équipements et les températures de fermentation ne sont pas connus. Les chercheurs doivent donc faire des choix arbitraires. Les résultats varient considérablement d’une tentative à l’autre.

Les défis de la recréation : ingrédients, fermentation et matériel

Le premier défi est l’identification exacte des ingrédients. Le pain d’orge sumérien n’était pas identique à notre pain moderne. Les dattes pouvaient être fraîches ou séchées. Les herbes aromatiques ne sont pas clairement nommées. Le deuxième défi concerne la fermentation : sans houblon, la conservation était limitée. Les jarres en argile poreuses laissaient passer l’oxygène, ce qui influençait le goût.

Le matériel antique, comme les roseaux pour filtrer, est difficile à reproduire fidèlement. Les archéologues ont retrouvé des jarres à bière, mais leur utilisation précise reste hypothétique. Les reconstitutions modernes utilisent souvent des cuves en inox, ce qui change les conditions. Malgré ces obstacles, les essais permettent de mieux comprendre les techniques anciennes et d’apprécier la complexité du savoir-faire sumérien.

À quoi ressemblait le goût, l’odeur et l’aspect de cette bière antique ?

Les descriptions modernes suggèrent une bière trouble, épaisse, légèrement acide et sucrée. L’absence de houblon donne une amertume différente, probablement moins prononcée. Les dattes apportaient des notes fruitées. Les herbes ajoutaient peut-être des arômes poivrés ou floraux. La fermentation sauvage produisait sans doute des saveurs complexes, parfois aigres.

La texture devait être plus visqueuse que celle d’une bière moderne, car la filtration était rudimentaire. La couleur variait du jaune paille au brun foncé selon les ingrédients. Les Sumériens buvaient la bière à l’aide de roseaux, ce qui laissait les particules solides au fond du récipient. Cette pratique suggère que la boisson n’était pas limpide. Le profil sensoriel exact reste une reconstitution imaginaire.

La fermentation fait appel à des micro-organismes, un domaine que la science moderne explore également pour la santé intestinale. Pour ceux qui souhaitent mieux comprendre leur propre écosystème microbien, il existe des tests du microbiome à visée éducative. Ces outils ne permettent pas de recréer une bière antique, mais ils offrent un aperçu de la diversité microbienne.

Quelle est la plus ancienne recette de l’histoire selon les régions du monde ?

Les traditions culinaires écrites de la Chine ancienne, de la Grèce et de Rome

La Chine ancienne possède également des textes culinaires anciens, mais ils sont postérieurs à l’Hymne à Ninkasi. Le plus ancien traité connu, le « Rituel des Zhou », date d’environ 300 avant notre ère. Il contient des descriptions de plats et de techniques, mais pas de recettes détaillées au sens moderne. La Grèce antique a produit des traités culinaires, comme celui d’Archestrate, mais ils sont fragmentaires.

Rome nous a laissé le célèbre « De re coquinaria », souvent attribué à Apicius, qui date du IVe ou Ve siècle de notre ère. Il s’agit d’un recueil de recettes complet, mais bien plus récent que les textes mésopotamiens. La comparaison montre que la Mésopotamie est la première civilisation à avoir fixé des recettes par écrit. D’autres traditions orales ont probablement existé, mais elles ne nous sont pas parvenues.

Pour les lecteurs intéressés par l’étude des populations microbiennes, des analyses du microbiote peuvent fournir des informations sur la composition du microbiote intestinal. Ces tests s’inscrivent dans une démarche de connaissance de soi et ne remplacent pas un avis médical.

Foire aux questions

Qu’est-ce que l’Hymne à Ninkasi ?

L’Hymne à Ninkasi est un poème sumérien dédié à la déesse de la bière. Il décrit le processus de brassage en plusieurs étapes. Daté d’environ 1800 avant notre ère, il est souvent considéré comme la plus ancienne recette écrite connue. Le texte mêle louange religieuse et instructions pratiques.

Quel est le plus ancien livre de cuisine connu ?

Le plus ancien recueil de recettes structuré est souvent attribué à des tablettes akkadiennes datant d’environ 1700 avant notre ère, qui contiennent des recettes de ragoûts. Cependant, l’Hymne à Ninkasi, légèrement antérieur, est parfois cité comme la première recette écrite. Il n’existe pas de « livre » au sens moderne avant l’Antiquité tardive.

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Comment les historiens datent-ils une tablette d’argile ?

Les historiens utilisent la paléographie, l’analyse du style d’écriture, et le contexte archéologique. Les colophons mentionnant des rois peuvent fournir des dates précises. La datation au carbone 14 est rarement applicable aux tablettes. Les comparaisons avec d’autres textes de la même période sont également essentielles.

Quel était le goût de la bière sumérienne ?

Les reconstitutions suggèrent une boisson trouble, légèrement acide et sucrée, sans amertume houblonnée. Les dattes apportaient des notes fruitées, et les herbes des arômes complexes. La texture était probablement épaisse. Le goût exact reste spéculatif en raison des incertitudes sur les ingrédients et la fermentation.

Quelle est la plus ancienne recette de soupe écrite ?

Aucune recette de soupe clairement antérieure à l’Hymne à Ninkasi n’a été identifiée. Les ragoûts akkadiens, datés d’environ 1700 avant notre ère, sont les plus proches. Les Égyptiens préparaient probablement des soupes, mais aucune recette écrite ne nous est parvenue. La question reste ouverte.

Quelle est la différence entre une recette et une liste d’ingrédients ?

Une recette combine des ingrédients, des proportions et une méthode de préparation. Une simple liste d’ingrédients ne donne pas d’instructions. L’Hymne à Ninkasi inclut une méthode, ce qui en fait une recette. Les listes de courses de l’Antiquité, en revanche, ne sont pas des recettes.

Qu’est-ce que l’écriture cunéiforme ?

L’écriture cunéiforme est un système d’écriture utilisé en Mésopotamie à partir d’environ 3200 avant notre ère. Les signes étaient imprimés sur des tablettes d’argile à l’aide de roseaux taillés. Elle a servi à la comptabilité, à la littérature et aux textes religieux. L’Hymne à Ninkasi est écrit en cunéiforme sumérien.

Qu’est-ce que la Yale Babylonian Collection ?

La Yale Babylonian Collection est l’une des plus grandes collections de tablettes cunéiformes au monde. Elle est située à l’université Yale, aux États-Unis. Elle conserve la tablette de l’Hymne à Ninkasi ainsi que des milliers d’autres textes. Les chercheurs peuvent y étudier les originaux et des reproductions numériques.

Quelle est la plus ancienne recette connue en Chine ?

Les plus anciens textes culinaires chinois, comme le « Rituel des Zhou », datent d’environ 300 avant notre ère. Ils contiennent des descriptions de plats et de Techniques, mais pas de recettes détaillées. La tradition culinaire chinoise est probablement plus ancienne, mais elle était transmise oralement.

Peut-on encore boire de la bière sumérienne aujourd’hui ?

Des brasseurs modernes ont recréé des bières inspirées de l’Hymne à Ninkasi, mais elles ne sont pas identiques à l’original. Les ingrédients et les levures diffèrent. Ces reconstitutions sont des interprétations éducatives. Elles permettent de découvrir des saveurs anciennes, sans prétendre à une fidélité absolue.

Conclusion

La plus ancienne recette écrite connue, l’Hymne à Ninkasi, nous plonge dans l’univers brassicole de la Mésopotamie antique. Ce texte, gravé sur une tablette d’argile il y a près de 4 000 ans, combine ingrédients et méthode. Il témoigne de l’importance de la bière dans la société sumérienne et de la sophistication des techniques artisanales. D’autres textes, comme les ragoûts akkadiens, rivalisent pour le titre, mais aucun n’égale la complétude de l’hymne.

Les incertitudes demeurent nombreuses : proportions exactes, nature des levures, goût véritable. Les reconstitutions modernes offrent des pistes, mais elles restent spéculatives. Cette recette nous rappelle que l’alimentation est un patrimoine fragile, transmis par l’écriture et l’archéologie. Elle souligne aussi la variabilité des pratiques culinaires à travers le temps et l’espace. Mieux comprendre ces traditions anciennes éclaire notre propre rapport à la nourriture et à la fermentation.

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