Calprotectine élevée : quelles infections peuvent l’expliquer ?
En bref : quelles infections peuvent augmenter la calprotectine ?
La calprotectine fécale peut augmenter lorsqu’une infection provoque une inflammation de l’intestin. Les causes possibles comprennent notamment Salmonella, Campylobacter, Shigella, certaines souches d’Escherichia coli, Clostridioides difficile, ainsi que des parasites comme Giardia. Des infections virales peuvent aussi entraîner une élévation, souvent plus modérée. Ce résultat ne permet toutefois pas d’identifier le germe ni de poser un diagnostic : il doit être interprété avec les symptômes et, si nécessaire, des examens de selles.
À quoi sert la calprotectine fécale ?
La calprotectine est une protéine libérée principalement par des cellules immunitaires appelées neutrophiles. Lorsqu’une inflammation touche la muqueuse digestive, ces cellules peuvent migrer dans la paroi et la lumière intestinale. La calprotectine devient alors mesurable dans les selles.
Ce dosage est un marqueur d’inflammation intestinale, et non un test spécifique d’une infection. Une valeur élevée peut être observée dans plusieurs situations, notamment une infection digestive, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, certains médicaments ou, plus rarement, d’autres atteintes organiques. Le résultat doit donc être replacé dans son contexte clinique.
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Les infections susceptibles de faire monter la calprotectine
Infections bactériennes
Les infections bactériennes invasives ou particulièrement inflammatoires peuvent provoquer une hausse importante de la calprotectine. Les germes souvent recherchés sont :
- Salmonella, notamment lors de certaines intoxications alimentaires ;
- Campylobacter, cause fréquente de diarrhée infectieuse ;
- Shigella, parfois associée à une dysenterie ;
- Clostridioides difficile, notamment après une prise récente d’antibiotiques, sans que cette association soit systématique ;
- certaines souches pathogènes d’Escherichia coli.
L’importance de l’élévation varie selon le germe, la durée de l’infection et l’intensité de l’inflammation. La calprotectine ne permet pas de distinguer ces bactéries entre elles.
Infections parasitaires
Des parasites peuvent également être associés à une calprotectine élevée, en particulier :
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- Giardia duodenalis, qui peut provoquer diarrhée, ballonnements ou malabsorption ;
- Entamoeba histolytica, responsable de l’amibiase dans certaines situations.
La recherche parasitologique dépend des symptômes, des voyages, de l’exposition à une eau ou à des aliments contaminés et des recommandations du professionnel de santé.
Infections virales
Le norovirus, le rotavirus et certains adénovirus peuvent s’accompagner d’une élévation de la calprotectine. Celle-ci est souvent moins marquée que lors de certaines infections bactériennes, mais il n’est pas possible de conclure à partir de la seule valeur. Chez l’enfant, la personne âgée ou une personne fragile, une gastro-entérite peut entraîner une déshydratation rapidement préoccupante.
Comment interpréter le taux de calprotectine ?
Les seuils dépendent de la méthode utilisée, du laboratoire, de l’âge et du contexte médical. À titre indicatif, les repères suivants sont souvent utilisés chez l’adulte :
- Inférieur à 50 µg/g : une inflammation intestinale importante est généralement moins probable, sans exclure toutes les causes de symptômes.
- Entre 50 et 150 ou 200 µg/g : zone intermédiaire pouvant justifier une réévaluation, selon les symptômes et les autres résultats.
- Au-delà de 150 à 200 µg/g : une inflammation devient plus probable et une recherche de cause peut être envisagée.
Ces valeurs ne remplacent pas l’interprétation du médecin. Une infection récente peut faire monter la calprotectine temporairement ; un nouveau dosage peut parfois être proposé après la résolution de l’épisode, selon la situation.
Que signifie une calprotectine supérieure à 3000 µg/g ?
Une valeur supérieure à 3000 µg/g est très élevée et suggère une inflammation intestinale importante, mais elle ne désigne pas une cause précise. Une infection bactérienne sévère, une poussée de maladie inflammatoire chronique de l’intestin ou une autre atteinte inflammatoire peuvent être envisagées. Ce résultat nécessite un avis médical, surtout en présence de fièvre, de sang dans les selles, de douleurs importantes, de vomissements, de déshydratation ou d’un état général altéré.
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Il n’existe pas de seuil unique permettant de diagnostiquer ou d’évaluer à lui seul la maladie de Crohn. Une valeur supérieure à 200 µg/g est fréquemment considérée comme compatible avec une inflammation active, mais les résultats peuvent varier largement. La calprotectine est interprétée avec les symptômes, les analyses sanguines, les examens d’imagerie et, lorsque cela est indiqué, l’endoscopie.
Une infection digestive peut également augmenter le taux chez une personne atteinte de Crohn. Il est donc important de ne pas attribuer automatiquement toute élévation à une poussée de la maladie.
Une calprotectine élevée peut-elle indiquer un cancer ?
La calprotectine n’est pas un test de dépistage du cancer et ne permet pas de poser ce diagnostic. Certaines maladies du côlon, y compris des tumeurs, peuvent s’accompagner d’une inflammation et d’une calprotectine élevée, mais cette élévation a de nombreuses autres causes, beaucoup plus fréquentes selon le contexte. Du sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée, une anémie, une modification persistante du transit ou des douleurs inhabituelles doivent être discutés rapidement avec un professionnel de santé.
Quels examens peuvent rechercher une infection ?
Lorsque les symptômes évoquent une infection, le professionnel de santé peut choisir un ou plusieurs examens selon la situation :
- une analyse microbiologique des selles, parfois appelée coproculture ;
- une PCR ou un panel moléculaire pour rechercher certains agents infectieux ;
- un examen parasitologique des selles lorsque le contexte le justifie ;
- un test ciblant Clostridioides difficile après une antibiothérapie ou en cas de suspicion clinique.
La calprotectine complète éventuellement ce bilan, mais elle ne remplace pas les examens qui identifient directement un agent infectieux. Un résultat négatif ne permet pas non plus d’exclure toutes les causes de diarrhée ou de douleur abdominale.
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Que faire après une infection intestinale ?
La priorité est de suivre l’évaluation et le traitement proposés par un professionnel de santé. Il n’est pas recommandé de prendre un antibiotique ou un antiparasitaire sans indication, car le traitement dépend du germe suspecté ou identifié et de l’état de la personne.
Après une gastro-entérite, une fatigue, des selles irrégulières ou des ballonnements peuvent persister quelque temps. Une alimentation variée, une hydratation suffisante et une reprise progressive des fibres selon la tolérance peuvent contribuer au confort digestif, sans remplacer une prise en charge médicale. Les probiotiques ou compléments alimentaires ne conviennent pas à tout le monde et leur intérêt dépend de la souche, de l’objectif et du profil de santé ; demandez conseil avant de les utiliser.
Le test du microbiome peut-il compléter le bilan ?
Un test du microbiome décrit la composition de certaines bactéries présentes dans un échantillon de selles. Il peut fournir des informations sur la diversité microbienne ou sur la présence relative de groupes bactériens, mais il ne confirme pas à lui seul une infection active et ne remplace ni la calprotectine ni les analyses microbiologiques prescrites.
Le microbiote varie d’une personne à l’autre et peut être influencé par l’alimentation, les médicaments et une infection récente. Les résultats doivent donc être considérés comme des informations complémentaires, à mettre en relation avec les symptômes et l’avis d’un professionnel. Il faut éviter d’en déduire automatiquement qu’une bactérie est responsable d’un trouble ou qu’un complément est nécessaire.
Préparer les analyses
Pour le dosage de la calprotectine
Suivez les consignes du laboratoire. Signalez les médicaments et les traitements en cours, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui peuvent influencer certains résultats digestifs. N’arrêtez jamais un traitement prescrit sans en parler au professionnel qui vous suit.
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- Respectez les instructions de prélèvement, de conservation et d’envoi.
- Indiquez les antibiotiques, anti-inflammatoires et autres médicaments pris récemment.
- Évitez de modifier fortement votre alimentation juste avant le prélèvement, sauf indication contraire.
- Demandez si le prélèvement doit être reporté en cas de gastro-entérite aiguë ; cela dépend de l’objectif du test.
- Notez la durée des symptômes et les changements récents du transit.
Quand consulter rapidement ?
Demandez un avis médical rapidement en cas de sang dans les selles, de fièvre persistante, de douleur abdominale intense ou croissante, de vomissements répétés, de signes de déshydratation, de diarrhée importante, de perte de poids inexpliquée ou de symptômes nocturnes. Une consultation est également indiquée si les troubles persistent ou récidivent, même après une infection apparemment résolue.
Questions fréquentes
L’inflammation du côlon est-elle grave ?
Elle peut être liée à une infection passagère, mais aussi à une maladie inflammatoire chronique, à un médicament ou à une autre cause. Sa gravité dépend de l’origine, de l’intensité des symptômes et de l’état général. Une inflammation associée à du sang dans les selles, une forte fièvre, une douleur importante ou une déshydratation doit être évaluée rapidement.
Comment faire baisser une calprotectine élevée ?
On ne cherche pas à faire baisser la calprotectine directement : il faut identifier et prendre en charge la cause de l’inflammation. Le traitement peut être différent selon qu’il s’agit d’une infection, d’une maladie inflammatoire ou d’un effet médicamenteux. Une alimentation équilibrée et une bonne hydratation peuvent accompagner la récupération, mais ne remplacent pas le bilan médical.
La calprotectine est-elle un marqueur de l’inflammation intestinale ?
Oui. La calprotectine fécale reflète surtout une inflammation impliquant des neutrophiles dans l’intestin. Elle est utile pour orienter l’évaluation et parfois suivre une maladie connue, mais elle reste non spécifique et doit être interprétée avec les autres données.
À retenir
- Une calprotectine élevée indique une inflammation intestinale, pas une infection précise.
- Salmonella, Campylobacter, Shigella, certaines souches d’E. coli, Clostridioides difficile et plusieurs parasites peuvent l’augmenter.
- Des virus digestifs peuvent aussi être associés à une hausse, parfois modérée.
- Un taux supérieur à 3000 µg/g est très élevé et justifie un avis médical, sans permettre de conclure sur la cause.
- Les analyses de selles recherchent l’agent infectieux ; un test du microbiome ne les remplace pas.
- Les symptômes persistants ou les signes d’alarme nécessitent une évaluation professionnelle.
Le test du microbiome InnerBuddies peut fournir des informations complémentaires sur la composition du microbiote intestinal. Il doit être utilisé comme un outil éducatif et ne remplace pas un diagnostic, un traitement ou un suivi médical.